UN REVE QUI POURRAIT DEVENIR UN CAUCHEMAR

Voici maintenant des mois que nous entendons parler de sécurité sociale universelle.

Cette promesse aurait pour objectif que l’assurance maladie prenne à sa charge l’intégralité du remboursement des soins. Chacun y va de vanter cette solution pour permettre à tous un accès aux soins sans complémentaire santé.

En réalité avancer cette option comme un progrès démontre au combien nombre de théoriciens sont déconnectés de la réalité. En effet si la SS venait à couvrir l’intégralité de sa base de remboursement au lieu qu’adviendrait-il des dépassements que nous rencontrons chaque jour ? Assureurs, Instituts de Prévoyance et Mutuelles ne disparaitraient donc nullement quelles seraient les conséquences pour nous tous ?

  • Une augmentation des prélèvements pour financer l’assurance maladie
  • Deux systèmes inégalitaires, les uns par faute de moyens auraient à leur charge tout dépassement d’honoraire et tout dépassement du 100% santé en optique, audiologie et prothèses dentaires, les autres en sus des majorations des prélèvements de l’assurance maladie auront à souscrire toujours une complémentaire santé visant à obtenir le reste à charge zéro.

Dans les prochains mois ce dossier va faire l’objet des promesses électorales qui commencent à fuser de tout bord.

Il n’est pas certain mais plutôt improbable que ce dossier aille à son terme ; la foison de pistes suivies par le Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie ont toutes pour premier objectif de réduire les frais de gestion des complémentaires santé qui aujourd’hui représentent 7,6 Mds d’Euros alors que ceux de l’assurance obligatoire ne sont que de 6,9 Mds d’Euros. Toutefois un défi va rester celui de la soutenabilité des dépenses de santé à la charge des ménages et notamment des plus âgés et des plus modestes, aujourd’hui le taux d’effort des ménages de retraités les plus pauvres est de 11% il passera à 13% en 2030 et 16% en 2040.

Autre frein cette réforme engendrera un encadrement des dépassements d’honoraires des praticiens, je doute fort que cette perspective ne soit pas le principal obstacle à sa finalisation. Cet encadrement des tarifs verrait aussi son application frapper l’optique, l’audiologie, le dentaire et autres prothésistes, après le reste à charge zéro il y a fort à parier que ces professionnels se fassent entendre de nouveau leur opposition.

Dernier point et non le moindre les français saluent la qualité de service et leur attachement aux différents réseaux de complémentaire santé et particulièrement aux mutuelles. Un point social s’ajoute à ce risque que vont devenir tous les salariés qui chaque jour nous apportent compétence et service sans faille ?