Hôpital ou clinique : qualité et coûts

Halte aux fakes news !

 

Chaque année, plus de 12 millions de patients sont hospitalisés. Si généralement, vous ne choisissez  pas d’aller à l’hôpital, dans certains cas, notamment pour les opérations chirurgicales prévisibles, vous avez le choix le choix. Sachez que même si votre médecin vous oriente vers un spécialiste dans tel hôpital ou telle clinique, vous êtes libre de votre choix et donc d’aller ailleurs.

Vous avez  le choix entre trois catégories d’établissements :

  • les hôpitaux publics
  • les cliniques privées à but lucratif
  • les établissements privés à but non-lucratif (principalement des centres de lutte contre le cancer ou de dialyse). Les établissements appartenant à cette catégorie obéissent aux mêmes règles de facturation que les hôpitaux.

Notre région est très bien placée en terme de qualité des établissements publics :

  • Le CHU de Lille est classé 53ème mondial et 2ème français derrière le CHU de Bordeaux
  • La maternité Jeanne de Flandres est elle classée n°1 en France concernant les grossesses à risque
  • Le CHU de Lille et le CHT Dron de Tourcoing occupent tous deux la 8ème place en ce qui concerne les maladies infectieuses

Concernant les cliniques privées je vous renvoie au classement réalisé sur l’ensemble des Hauts de France et par spécialité. Lire le dossier

Les cliniques plus coûteuses que les hôpitaux ?

En théorie, un patient ne paiera pas plus cher s’il est hospitalisé dans une clinique privée ou s’il est pris en charge à l’hôpital public. L’Assurance maladie prend en charge les frais d’hospitalisation exactement de la manière identique. Dans la plupart des cas, vous serez remboursé à 100% :

  • si l’hospitalisation est liée à une affection longue durée (ALD),
  • en cas de grossesse,
  • s’il s’agit d’un accident du travail,
  • si l’acte coûte plus de 120 euros (exemple : opérations).

Dans tous ces cas, vous devrez payer une participation forfaitaire « le forfait journalier (hébergement) » de 20 euros . Si le patient ne rentre pas dans les critères de prise en charge à 100%, la Sécurité sociale remboursera les frais d’hospitalisation à hauteur de 80%. Le ticket modérateur (les 20% restants) et le forfait journalier vous seront réclamés et ce tant dans les hôpitaux que dans les cliniques. Ces frais sont pris en charge par la mutuelle.

En réalité, la facture peut être beaucoup plus salée, principalement en cas d’hospitalisation dans une clinique privée, en raison des dépassements d’honoraires facturés par les praticiens. Les médecins dits de secteur 2 ont le droit de fixer librement leurs tarifs. Ces dépassements ont explosé au cours des dernières années. Et cela concerne principalement les médecins des cliniques privées. A contrario des médecins des hôpitaux publics, ils ne sont pas salariés de leur structure. Libéraux, ils sont en droit de pratiquer les tarifs librement. La clinique n’a aucun pouvoir pour les réguler. Sachez toutefois que vous pourrez toujours les négocier directement avec eux. Constat: sur les quinze millions d’opérations pratiquées en clinique en 2016, une sur quatre a donné lieu à un dépassement.

À l’hôpital, les dépassements d’honoraires sont beaucoup plus encadrés et moins fréquents que dans les cliniques. Ils ne concernent que moins de 8% de tous les praticiens hospitaliers. À l’hôpital, les dépassements sont rares. Quand on compare tous les dépassements, le verdict est sans appel : en 2016 les hôpitaux publics ont facturé 70 millions d’euros de dépassements par an contre 867 millions d’euros pour les cliniques. (source Allo Docteur Nov 2017)

Depuis la réforme du précédent gouvernement en janvier 2017 les dépassements d’honoraires sont beaucoup moins bien remboursés par les mutuelles plafonnant les remboursements des dépassements. Des dépassements qui peuvent donc faire exploser le reste à charge consécutivement à une hospitalisation.

Avant toute chirurgie programmée, il est important d’exiger de connaître les tarifs qui vous seront appliqués. Chirurgien et anesthésiste sont tenus de remettre à leur patient un devis détaillé et doivent appliquer les dépassements avec « tact et mesure ».

Ces dépassements n’ont rien à voir avec la qualité des soins. Les praticiens qui pratiquent des dépassements d’honoraires ne sont pas forcément meilleurs que les autres, aucune évaluation individuelle des médecins en France n’existe.

Il y a quelques années, seules les cliniques facturaient les chambres individuelles, mais désormais les hôpitaux le font également. Mais cette facturation reste moins élevée qu’en clinique : en moyenne 60 euros par jour contre 100 euros dans le privé.

Concernant les autres frais annexes (télévision, téléphone, Internet ou encore parking…), les hôpitaux publics et cliniques privées facturent aussi ces frais et ce de façons très variables. Renseignez-vous préalablement, car contrairement à ce que l’on pense souvent, une hospitalisation n’est pas gratuite, y compris à l’hôpital public même si elle y est plus maîtrisée !

J’entends souvent que certains font le choix de la clinique pour une question de confort et d’hôtellerie. Il est temps de casser ces pressentis, aujourd’hui la qualité des services dans le public est au moins égale à celle du privé. L’équipement des chambre est à la pointe de la technologie et la restauration a gagné en qualité. N’oublions pas qu’avant tout nous sommes là pour nous soigner et que la durée des séjours est de plus en plus courte, le déambulatoire étant privilégié, constat d’un rétablissement plus rapide.